Définition de la valeur d’entreprise
La valeur d’entreprise (en anglais enterprise value) est la valeur de l’outil économique : clientèle, savoir-faire, équipes, actifs d’exploitation, capacité à dégager de la rentabilité. Elle ne dépend pas de la façon dont l’entreprise est financée. Deux sociétés identiques, l’une endettée et l’autre non, ont la même valeur d’entreprise.
Ce qui change entre elles, c’est la valeur des titres, c’est-à-dire ce que touchent les actionnaires. Elle se déduit de la valeur d’entreprise en retirant les dettes financières et en ajoutant la trésorerie disponible.
La formule de la valeur d’entreprise
Il existe deux façons de l’obtenir, selon que l’entreprise est cotée ou non.
- Société cotée : valeur d’entreprise = capitalisation boursière + dette financière nette (dettes financières moins trésorerie)
- PME non cotée : valeur d’entreprise = EBITDA normatif × multiple observé lors de cessions comparables du même métier et de la même taille
- Dans les deux cas : valeur des titres = valeur d’entreprise − dettes financières + trésorerie excédentaire
Exemple de calcul
Une PME industrielle réalise 5 M€ de chiffre d’affaires et 600 k€ d’EBE, après 70 k€ de rémunération du dirigeant. Un directeur salarié coûterait 100 k€ : l’EBITDA normatif ressort à 570 k€. Avec un multiple de 4,6x, adapté à son métier et à sa taille, la valeur d’entreprise atteint environ 2,6 M€.
La société a 400 k€ d’emprunts et 500 k€ de trésorerie, dont 200 k€ nécessaires à son fonctionnement courant. La trésorerie excédentaire est donc de 300 k€, et la valeur des titres d’environ 2,5 M€.
Valeur d’entreprise en fonction du chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires seul est un mauvais indicateur de valeur : deux entreprises au même chiffre d’affaires peuvent valoir du simple au triple selon leur marge. Il reste pourtant l’usage dans certains métiers, toujours croisé avec la rentabilité : commerces et fonds de commerce, pharmacies, cabinets d’expertise comptable, cliniques vétérinaires, portefeuilles de gestion immobilière ou de courtage.
Valeur d’entreprise, capitaux propres et valeur patrimoniale
Les capitaux propres du bilan ne donnent pas la valeur d’une entreprise : ils reflètent l’histoire comptable, pas la capacité à générer des profits. Réévalués de la valeur réelle des actifs, ils forment la valeur patrimoniale, ou actif net corrigé. Elle sert de plancher pour les entreprises riches en actifs ou peu rentables.
Une valeur d’entreprise peut d’ailleurs être négative en théorie, quand la rentabilité normative est nulle ou négative. Pour une PME, on se rabat alors sur la valeur patrimoniale et sur l’intérêt stratégique d’un repreneur.
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Questions fréquentes
Quelle différence entre valeur d’entreprise et capitalisation boursière ?
La capitalisation boursière est la valeur des actions d’une société cotée. La valeur d’entreprise y ajoute la dette financière nette : c’est le prix total qu’il faudrait payer pour reprendre l’activité et rembourser ses dettes.
Quelle différence entre valeur d’entreprise et valeur des titres ?
La valeur d’entreprise est celle de l’activité. La valeur des titres est ce que reçoivent les actionnaires : valeur d’entreprise moins les dettes financières, plus la trésorerie excédentaire.
Qu’est-ce que le multiple EV/EBITDA ?
C’est le rapport entre la valeur d’entreprise (EV) et l’EBITDA. Il indique combien d’années de rentabilité un acquéreur accepte de payer. C’est la référence des transactions de PME et d’ETI.
Informations générales à jour en octobre 2026, qui ne remplacent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

Comment calculer la valeur d’entreprise d’une PME
Première étape : établir l’EBITDA normatif. On part de l’excédent brut d’exploitation (EBE) du compte de résultat, puis on le corrige pour qu’il reflète ce qu’obtiendrait un repreneur : rémunération du dirigeant ramenée au coût d’un directeur salarié, loyer versé à la SCI du dirigeant ramené au prix du marché, charges et produits exceptionnels neutralisés.
Deuxième étape : choisir le multiple. En 2026, une PME française se négocie autour de 5x son EBITDA normatif en moyenne, avec de fortes différences selon le métier (de 3,5x à 4x dans le BTP ou le négoce, plus de 7x dans le logiciel ou la santé) et selon la taille (environ 4x pour 200 k€ d’EBITDA, près de 7x pour 10 M€).
Troisième étape : ajuster selon le profil. La récurrence du chiffre d’affaires, l’existence d’une équipe autonome ou la croissance font monter le multiple. La dépendance au dirigeant ou à un gros client le font baisser, parfois de plus de 20 %.