L’entreprise évaluée
Une entreprise de plomberie-chauffage de 22 salariés, créée il y a 18 ans, située en Occitanie. Son dirigeant, 61 ans, envisage de vendre dans deux ans.
- Chiffre d’affaires : 2,8 M€, en croissance de 6 % par an
- EBE : 290 k€, après une rémunération du dirigeant de 55 k€ charges comprises
- Loyer versé à la SCI du dirigeant : 48 k€ par an, pour un loyer de marché de 36 k€
- Capitaux propres : 820 k€, dont un dépôt réévaluable de 120 k€ de plus-value latente
- Emprunts : 180 k€. Trésorerie : 410 k€, dont 250 k€ nécessaires au fonctionnement
- Contrats de maintenance : 35 % du chiffre d’affaires. Pas d’adjoint capable de remplacer le dirigeant
Étape 1 : retraiter l’EBE
L’EBE comptable ne reflète pas ce qu’obtiendrait un repreneur. On le corrige :
- EBE comptable : 290 k€
- + 55 k€ de rémunération réelle du dirigeant, − 80 k€ pour un directeur salarié : − 25 k€
- + 12 k€ d’excédent de loyer par rapport au marché
- = EBITDA normatif : 277 k€
Étape 2 : la méthode des multiples
Dans la plomberie-chauffage, le multiple médian des transactions tourne autour de 4,3x pour une PME d’environ 1 M€ d’EBITDA. À 277 k€, l’effet de taille le ramène vers 3,7x. Le profil ajuste ensuite : la maintenance récurrente et la croissance jouent à la hausse, mais la forte dépendance au dirigeant pèse lourd. Le multiple retenu ressort autour de 3,2x.
Valeur d’entreprise par les multiples : 277 k€ × 3,2 ≈ 885 k€.
Étape 3 : l’actif net corrigé
On part des capitaux propres (820 k€), on ajoute la plus-value latente sur le dépôt (120 k€) et on retire l’impôt latent correspondant (environ 30 k€). L’actif net corrigé atteint environ 910 k€. Il dépasse même légèrement la valeur de rentabilité : l’entreprise n’a pas de survaleur, ce qui est fréquent quand le dirigeant reste au cœur de l’activité. L’actif net sert alors de plancher à la négociation.
Étape 4 : la méthode des praticiens et la synthèse
La méthode des praticiens fait la moyenne de la valeur patrimoniale et de la valeur de rentabilité. Ici, environ 900 k€. On retient une valeur d’entreprise de 880 à 910 k€.
Pour la valeur des titres, on retire les emprunts (180 k€) et on ajoute la trésorerie excédentaire (410 − 250 = 160 k€) : environ 860 à 890 k€.
Ce que cet exemple enseigne
La principale marge de progression n’est pas dans les chiffres, mais dans l’organisation : former un adjoint et transférer une partie de la relation client pendant les deux années qui précèdent la cession ferait passer le multiple vers 4,2x, soit près de 290 k€ de valeur supplémentaire, un tiers de plus. C’est tout l’intérêt d’évaluer son entreprise bien avant de la vendre.
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Questions fréquentes
Quelle méthode d’évaluation retenir pour une PME ?
La méthode des multiples appliquée à l’EBITDA normatif est la référence des transactions. Elle se recoupe avec l’actif net corrigé, qui sert de plancher, et avec les usages du métier quand ils existent (pourcentage du chiffre d’affaires).
Peut-on évaluer une entreprise à partir de son EBE ?
Oui, à condition de le retraiter : rémunération du dirigeant ramenée au marché, loyers et éléments exceptionnels corrigés. Sans ces retraitements, l’évaluation peut s’écarter de plus de 20 % de la réalité.
Combien de temps faut-il pour évaluer une entreprise ?
Quelques minutes pour un premier ordre de grandeur avec un estimateur en ligne. Une évaluation détaillée, sur les comptes complets et avec les retraitements, demande en général une à deux semaines.
Informations générales à jour en octobre 2026, qui ne remplacent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.
